Julien Bernard-Recherche et enseignement en philosophie.

  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

Galilée et la mesure du temps

E-mail Print PDF
There are no translations available.

La mesure du temps

Le sujet précis et sa forme seront déterminés librement par le groupe d’exposé, en collaboration avec leur tuteur. Le texte qui suit ne constitue qu’une piste, que les étudiants et le tuteur ne sont en aucun cas obligés de suivre.

Julien B

Le temps joue une place particulière dans la philosophie de la nature de Galilée. Dans la théorie du mouvement (=changement) d’Aristote, le temps avait un rôle plutôt secondaire. Le temps y était défini comme "nombre du mouvement selon l'antérieur et le postérieur". Cette mesure quantitative était moins importante pour les aristotéliciens que l'analyse qualitative du mouvement, basée sur l’hétérogénéité qualitative des régions du Cosmos (le Haut, le Bas, le Sublunaire, le Supralunaire) et sur les formes substantielles des différents éléments (le chaud, le froid, le lourd, le léger, l’humide, le sec…), capables de donner une intelligibilité aux mouvements naturels en leur attribuant une finalité.

En contraste avec la physique scolastique, Galilée amplifie le mouvement de mathématisation de la physique qui s'était amorcé à la fin du moyen âge. Ainsi, sa philosophie de la nature met l'accent sur une analyse cinématique rigoureuse des mouvements naturels. Une telle posture théorique implique à son tour de devoir améliorer les techniques de chronométrie, afin d'avoir un accès expérimental précis aux phénomènes dans leur temporalité. Or, les techniques de mesure du temps disponibles à l'époque ne sont pas encore adaptées à une telle exigence expérimentale. Galilée évoque dans ses textes quelques techniques chronométriques rudimentaires qu’il a employées (décompte des battements du pouls, clepsydres…) L’historien des sciences Stillman Drake défend la thèse selon laquelle Galilée aurait pu aussi utiliser des méthodes chronométriques par chansons rythmées, méthodes étonnamment relativement précises.

Galilée a rencontré sur son chemin intellectuel un phénomène naturel périodique de grande importance : le pendule. L’isochronisme du pendule était plein de promesse pour la réalisation d’instruments de mesure du temps précis et stables sur des durées assez longues (horloges à pendule). Bien qu’initiateur de la théorie de tels instruments, Galilée n’en verra pas la réalisation effective, laissant à son fils Vincenzo Galilei et à ses contemporains (surtout Huygens), le rôle de réaliser les premières horloges à pendule, et de pointer, concernant l’isochronisme, une rare (et paradoxalement « belle ») erreur de Galilée.

Document utile: récupérer le sujet de TP qui était fait sur la chronométrie lors des premières années de la licence Sciences et Humanités.

Last Updated on Monday, 17 February 2020 15:43  

Research on this website